Il y a chez nombre de vingtenaires des velléités de travailler à leur compte. L’aventure est belle mais confronte les jeunes entrepreneurs et entrepreneuses à plusieurs difficultés. Nos conseils pour y faire face.
Il suffit d’une expérience malheureuse de premier emploi pour vouloir basculer du salariat à l’entrepreneuriat. Toutefois, de quoi parlent les jeunes qui se rêvent entrepreneurs ou entrepreneuses ? La plupart pensent principalement à la création d’une microentreprise. Cette dernière permet en effet d’éviter les écueils du financement d’une SARL ou d’une EURL.
1. Élaborez un business plan pour choisir le statut juridique adapté
Votre business plan dépend de votre projet. Commencez par distinguer la microentreprise des autres statuts juridiques car les implications sociales et financières sont différentes. Il faut notamment évaluer son futur chiffre d’affaires car les seuils de la microentreprise peuvent rapidement être dépassés. Ce statut ayant une incidence sur le type de clientèle que l’on peut toucher, il importe également d’en examiner les avantages et les inconvénients.
Par exemple, l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) permet à un micro-entrepreneur ou une micro-entrepreneuse éligible de bénéficier d’une exonération temporaire de 25 % des cotisations sociales. Cependant, la franchise de TVA applicable aux microentreprises peut empêcher le référencement en tant que prestataire de services par les achats d’un grand groupe.
Les activités demandant du stock, un local pour accueillir du public, doivent envisager un autre statut. Pour les financer, un business plan détaillant votre projet (produits et services, stratégie marketing, modèle d’affaires, étude de marché, prévisionnel financier) s’avère indispensable afin de convaincre les banques. Toutefois, même un projet de création d’une microentreprise demande d’être en mesure d’argumenter auprès des banques car toute activité génère des dépenses.
« Votre dossier doit être solide. Or, si vous êtes sans emploi, vous risquez d’agir dans l’urgence, ce qui est formellement déconseillé. Il importe donc de prendre le temps d’élaborer votre business plan car même la création d’une microentreprise demande de connaître son marché. »
Conseil du coach Objectif Emploi Orientation
Ainsi, pour vendre des crêpes bio dans un food truck, avez-vous pensé à assurer l’ensemble de l’approvisionnement bio, de la farine au lait, en passant par les œufs ? Pour ouvrir une boutique en ligne de lithothérapie et proposer des prix concurrentiels, avez-vous prévu des achats en gros de pierres naturelles plutôt que leur achat en magasin ? C’est en travaillant votre business plan que vous mettrez en évidence les forces et faiblesses de votre projet.
2. Acceptez la lenteur du développement d’une activité
La multiplicité des actions à mener et des choses à étudier est inhérente à la création d’entreprise. Penser, entre autres au stock, au lieu d’exercice de votre activité, à la méthode à mettre en œuvre, à la concurrence, à la publicité, aux obligations réglementaires, à la gestion administrative et financière génère une lourde charge mentale. Outre l’énergie qu’il faut déployer, il importe d’accepter le temps que prend le développement d’une activité. Diverses contraintes ralentissent l’action malgré la volonté d’avancer. Gardez à l’esprit que l’évolution se fait par à-coups et que les obstacles administratifs sont réels.
3. Surmontez des obstacles psychologiques
La création d’entreprise génère de nombreux fantasmes autour de la liberté. Si cet aspect ne constitue pas une difficulté immédiate, il peut, à la longue, pousser au renoncement. En effet, l’idée que vous vous faites de l’entrepreneuriat est certainement en décalage avec la réalité. Ce décalage peut être particulièrement mal vécu par une génération sensible à l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
De plus, une vision parcellaire de votre activité, centrée sur ce qui vous plaît le plus, vous empêche de voir les tâches qui en découlent, parfois ingrates, et les risques inhérents à l’exercice même d’une activité indépendante. Outre le fait d’avoir la fibre commerciale et créatrice, vous devez, entre autres, savoir gérer, communiquer, arbitrer, relancer la clientèle en cas de retard ou d’absence de paiement.
« Créer son entreprise en réaction à une mauvaise expérience du salariat représente un écueil si les raisons de cette mauvaise expérience n’ont pas été analysées et si le soutien de l’entourage manque face aux aléas. Quand la réalité ne correspond pas au projet, la déception guette le jeune entrepreneur ou la jeune entrepreneuse. Il faut donc de la solidité émotionnelle pour continuer à tenir le cap. »
Conseil du coach Objectif Emploi Orientation
4. Anticipez les risques fragilisant la trésorerie
Les délais de paiement parfois supérieurs à 30 jours, les retards de paiement ou le poids des charges sociales fragilisent votre trésorerie. Quand l’argent escompté n’entre pas dans la caisse, l’inquiétude grandit. Il en va de même quand il faut payer des charges sociales calculées sur la base des revenus de l’année précédente (N-1) alors que les revenus de l’année en cours diminuent. Vous devez donc penser à économiser pour être en mesure de payer vos charges sociales et divers impôts, et pour faire face aux pertes de trésorerie.
Pour remédier à ces difficultés, faites-vous accompagner, notamment par Bpifrance, banque de financement des entreprises, et clarifiez votre projet en prenant le temps de l’écrire. En première page de votre business plan, prenez soin de raconter la genèse de votre projet et de présenter l’entrepreneur ou l’entrepreneuse que vous êtes.
Par ailleurs, si vous avez encore des interrogations à propos de votre création ou reprise d’entreprise, utilisez le service de coaching Objectif Emploi Orientation et un conseiller répondra à toutes vos questions.
