Le syndrome de l’imposteur n’a pas d’âge. Vous décrochez votre premier poste. Pourtant, malgré cette réussite, une petite voix intérieure vous murmure : « Je ne suis pas légitime », « Je ne suis pas au niveau », « On va découvrir que je ne sais pas faire ». Comment éviter que cette situation ne se transforme en anxiété, en repli ou en autocensure ? Voici six conseils concrets.
Le syndrome de l’imposteur ne concerne pas uniquement les dirigeant·es, les entrepreneurs ou les entrepreneuses autodidactes. Il touche aussi de nombreux jeunes qui font leurs premiers pas dans la vie active, en alternance ou dans leur premier poste. Il fait percevoir un écart entre les attentes perçues et les compétences réelles.
En alternance, les missions peuvent ne pas correspondre au contenu des cours. Pour un·e jeune diplômé·e, il est fréquent d’hériter de tâches qui débordent largement la fiche de poste initiale, ce qui peut faire douter de ses capacités à tenir le poste.
Voici six leviers concrets pour retrouver votre légitimité professionnelle.
1. Définir vos propres critères
Avant même de postuler ou d’accepter un poste, prenez le temps de clarifier trois points essentiels :
- De quoi ai-je besoin pour progresser ?
- Quelles sont mes attentes ?
- Qu’est-ce que j’apporte concrètement à une entreprise ?
Lister vos compétences, vos qualités comportementales et vos réussites permet de sortir d’un jugement émotionnel pour entrer dans une analyse factuelle. Le sentiment d’imposture diminue dès lors que vous identifiez objectivement votre valeur ajoutée.
2. Vérifier l’adéquation entre l’offre d’emploi et votre profil
Un fort décalage entre une offre d’emploi et votre expérience alimente mécaniquement le doute.
« Comparez les missions proposées dans l’annonce d’emploi et les compétences mentionnées sur votre CV. Plus vous trouverez de points de concordance, moins le syndrome de l’imposteur aura de prise sur vous. »
Conseil du coach Objectif Emploi Orientation
En entretien, osez poser des questions structurantes et éclairantes :
- Qu’attendez-vous de moi dans les trois premiers mois ?
- Comment accompagnez-vous les alternants ou les jeunes recrues ?
- Quel sera mon rattachement hiérarchique exact ?
Ces questions démontrent votre professionnalisme, pas votre fragilité.
3. Réduire le décalage entre le contenu des cours et le contenu des missions
Les alternant·es vivent souvent un écart entre le contenu des cours et la réalité opérationnelle. Ce décalage peut générer un sentiment de ne pas être à sa place.
Rappelez-vous : l’entreprise n’attend pas de vous une expertise complète, mais une capacité d’apprentissage et d’adaptation. Si certaines missions vous semblent éloignées de votre formation, échangez avec votre tuteur pour clarifier les priorités.
Vous pouvez également consulter des témoignages et contenus de professionnels en poste (vidéos, publications sur les réseaux sociaux professionnels, articles sur des pages « carrière ») pour mieux comprendre les exigences du terrain et ajuster vos repères.
4. Définir des indicateurs clairs avec votre manager
Le flou nourrit l’anxiété. À l’inverse, des objectifs précis rassurent.
Dès votre prise de poste ou dès le démarrage de votre séquence en entreprise si vous êtes alternant, demandez :
- Quels résultats seront évalués ?
- Quels indicateurs permettront de mesurer ma performance ?
« Faire remonter ces différents indicateurs auprès de votre manager renforce votre image professionnelle. C’est également un bon moyen de créer une relation de qualité avec lui. »
Conseil du coach Objectif Emploi Orientation
4. Apprendre à rendre visibles vos réussites
Le syndrome de l’imposteur pousse à minimiser ses succès. Or, savoir-faire ne suffit pas. Il faut aussi faire savoir que l’on a réussi, réalisé.
Notez vos réalisations : projets menés, problèmes résolus, initiatives prises, retours positifs reçus. Ces éléments constituent une preuve concrète de votre contribution.
Parler de vos réussites ne relève pas de l’arrogance, mais d’une posture professionnelle mature.
5. Assumer votre singularité
Ne pas avoir « le bon diplôme » ou un parcours atypique peut fragiliser. Pourtant, c’est parfois précisément cette différence qui motive le recrutement.
Les entreprises recherchent autant un savoir-être (soft skills) qu’un savoir-faire. Capacité d’adaptation, curiosité, sens des responsabilités, autonomie : ces qualités ne figurent pas sur un diplôme.
Posez-vous ces questions essentielles : qu’est-ce que je fais que d’autres ne font pas ? Quelles compétences ou expériences me rendent non interchangeable ?
Comprendre que vous n’êtes pas là par hasard renforce votre confiance en vous.
En résumé, rappelez-vous que le syndrome de l’imposteur prospère dans le silence et l’imprécision. Le dépasser suppose de clarifier vos attentes, d’objectiver vos compétences et de rendre visible votre valeur ajoutée.
En début de carrière, vous n’avez pas besoin d’être parfait, mais il importe que vous soyez en progression, conscient de vos apports et capable de les mesurer. C’est ainsi que la légitimité se construit — pas à pas, de façon concrète et durable.
Par ailleurs, si vous avez d’autres interrogations à propos de votre carrière, utilisez le service de coaching Objectif Emploi Orientation et un conseiller répondra à toutes vos questions.
